Reliquat d'aides bio : 40 millions d’euros affectés aux MAEC des zones intermédiaires
Le ministère de l’Agriculture a annoncé le 8 mai 2026, abonder de 40 millions d’euros les moyens dédiés aux mesures agroenvironnementales (MAEC) dans les zones intermédiaires. Cette enveloppe servira aussi aux exploitations situées en zones de captage et aux agriculteurs bio en fonction des besoins identifiés dans chaque région. Elle est issue de reliquats de crédits européens originellement prévus pour les conversions des fermes en agriculture biologique.
Publié le 19.05.2026
Que faire des crédits européens destinés à la conversion des exploitations en agriculture biologique, qui ne sont pas consommés ? En mars dernier, la Confédération paysanne demandait que le reliquat soit fléché vers les agriculteurs bio. De leur côté, les Civam plaidaient pour que ces fonds continuent à soutenir la transition agroécologique, via les MAEC. La ministre de l’Agriculture a tranché, annonce son ministère dans un communiqué diffusé le 8 mai 2026.
Un ciblage via les MAEC
Annie Genevard « a décidé de l’abondement en urgence des moyens dédiés aux mesures agroenvironnementales dédiées aux zones intermédiaires ». Sur son compte X, Annie Genevard précise qu’une partie de l’enveloppe « bénéficiera aussi aux producteurs en agriculture biologique et aux exploitations situées en zones de captage, en fonction des besoins identifiés dans chaque région ».
Pourquoi avoir choisi les MAEC en zones intermédiaires ? Parce qu’avec l’augmentation des coûts de production liée au conflit au Moyen-Orient, « les zones dites « intermédiaires » souffrent particulièrement, avance le ministère. Dans ces terres aux moins bonnes performances agronomiques, les rendements des cultures végétales sont faibles et accentuent l’effet de ciseau entre les cours mondiaux à la baisse et la hausse brutale des charges. »
Une « vocation à revenir à la filière biologique »
Le ministère assure que cette enveloppe résultant du ralentissement des conversions en agriculture biologique, « a également vocation à revenir à la filière biologique. C’est la raison pour laquelle, la répartition régionale de ce complément tient également compte des besoins remontés dans certaines régions sur les MAEC, systèmes particulièrement sollicités par les agriculteurs bio et dans les zones de captage. »
Le ministère de l’Agriculture précise que les préfets de Région ont été informés des enveloppes « dont ils disposent au regard de leur part de Surface agricole utile en zones intermédiaires et des besoins exprimés. Ils sont invités, dans les tout prochains jours, à en arrêter les modalités d’allocation dans les instances de concertation régionales prévues à cet effet. »
Cette décision intervient alors que la fin de la campagne de télédéclaration pour la Pac est fixée au 18 mai. « au-delà du 18 mai, les exploitants ont encore la possibilité de modifier leur déclaration jusqu’au 20 septembre, rappelle le ministère. Ils pourront donc en particulier rajouter une demande de MAEC à leur déclaration Pac pour bénéficier des mesures agroenvironnementales rendues possibles par ce supplément d’enveloppe. »
257 millions d’euros de reliquats sur les deux premières années de la Pac
« Les reliquats de la conversion en agriculture biologique continuent d’augmenter, avait constaté la Fnab, la Fédération nationale d’agriculture biologique, dans un communiqué de presse diffusé le 27 avril 2026. Après 257 millions d’euros sur les deux premières années de la Pac, l’année 2025 voit s’établir un nouveau record d’argent non dépensé à 150 millions d’euros sur un an. »
Une partie de ces 257 millions d’euros avait été fléchée vers l’aide complémentaire au revenu pour les jeunes agriculteurs. Annie Genevard l’avait annoncé le 5 juin 2025, devant le congrès du syndicat Jeunes agriculteurs à Auch dans le Gers. Quelques semaines plus tard, le ministère de l’Agriculture avait rendu son arbitrage final sur la ventilation de ce reliquat dont une partie, environ 100 millions d’euros, était revenue à l’agriculture biologique via l’écorégime.
« On se dirige vers un reliquat final à 1 milliard d’euros », estime la fédération pour l’ensemble de la programmation financière de la Pac des années 2023 à 2027. Elle appelle « les régions et l’État à corriger le tir et à flécher les reliquats 2025 vers les fermes installées en agriculture biologique. […] Il reste de la marge de manœuvre pour prioriser la bio. »
Site LaFranceAgricole - Actualités 10/05/2026