Prolongation des aides à l’achat de carburants jusqu’en décembre
Face aux inquiétudes grandissantes de l’opinion sur le pouvoir d’achat, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de « prolonger » jusqu’au 31 décembre les aides ciblées sur les carburants. Les agriculteurs sont concernés.
Publié le 24.09.2026
L’initiative intervient quelques heures après une demande formulée en conseil des ministres par Emmanuel Macron, d’une « totale mobilisation » du gouvernement sur « l’approvisionnement » et la « maîtrise des prix » des carburants, rapportée par la porteparole du gouvernement, Maud Bregeon. « L’objectif est de préserver l’activité économique, l’emploi et la croissance, en donnant de la visibilité aux entreprises », a indiqué l’entourage de Sébastien Lecornu, le 16 septembre 2026.
Une réponse aux manifestations des pêcheurs
L’objectif est aussi de contenir la colère sociale qui couve à quelques mois de l’élection présidentielle. La hausse des prix à la pompe a ainsi provoqué des appels à manifester évoquant le mouvement des Gilets jaunes, ainsi que le blocage de dépôts pétroliers par des pêcheurs en Méditerranée.
Pour les entreprises éligibles du BTP, le soutien sera « prolongé à hauteur de 20 centimes » par litre de gazole non routier, et pour les agriculteurs, l’aide de 15 centimes par litre sera également prolongée. L’aide aux agriculteurs sur les carburants viendra « en complément des autres aides du plan d’urgence agricole », précise-t-on.
Pour les pêcheurs, qui ont mené plusieurs actions de blocage ces derniers jours, l’aide sera relevée de 25 à 35 centimes par litre. Elle retrouve ainsi « son niveau maximal autorisé par la Commission européenne pour permettre aux navires de continuer à sortir en mer », après un ajustement à la baisse cet été pour tenir compte de la baisse des prix, ont expliqué les services du Premier ministre.
L’annonce du Premier ministre a toutefois été qualifiée mercredi de « poudre aux yeux » par certains pêcheurs, qui estiment que ces 10 centimes supplémentaires ne compensent pas l’augmentation du prix du carburant. « Ce n’est pas un cadeau du gouvernement, c’est de la poudre aux yeux ces 10 centimes car le prix du carburant a augmenté », a déclaré à l’AFP Ange Natoli, patron pêcheur à Martigues (Bouches-du-Rhône).
« Réduire les tensions »
« Je sais ce que cela représente pour les Français, a complété Emmanuel Macron sur X dans la soirée. Ce qui se passe à des milliers de kilomètres de chez nous finit toujours par peser sur notre quotidien. Alors j’agis pour réduire les tensions, sécuriser nos approvisionnements et faire baisser la pression sur les prix », a-t-il ajouté.
Le chef de l’État a rappelé ses efforts diplomatiques pour tenter de « rétablir la liberté de navigation » dans le détroit d’Ormuz et « ouvrir des routes alternatives » à ce passage stratégique, perturbé par la guerre au Moyen-Orient.
La situation pourrait s’envenimer dans les semaines à venir : la CGT de TotalEnergies a appelé à la grève le 8 octobre sur « tous les sites » là encore pour le pouvoir d’achat et pour l’emploi. Compte tenu notamment de ce « nouveau choc » sur les prix de l’énergie, Sébastien Lecornu avait demandé mardi à ses ministres un effort supplémentaire sur les dépenses de l’État en 2027.
Les aides aux carburants compliquent l’élaboration du budget, déjà plombé par un lourd déficit alors que les taux d’intérêt de la dette grimpent. Du côté des syndicats, la CGT a demandé mercredi à Sébastien Lecornu de réunir en urgence une table-ronde « sur le pouvoir d’achat et la vie chère », réclamant un blocage des prix.
AFP et Site LaFranceAgricole - Actualités 17/09/2026