Lignes haute tension : une charte pour sécuriser les éleveurs

Dans le cadre d’une charte pour prévenir les « désordres électriques », Chambres d’Agriculture France et RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité en France métropolitaine s’engagent à identifier les éleveurs de ruminants et d’équins situés à proximité de nouvelles lignes à haute tension. L'objectif est de leur proposer un état des lieux électrique des performances techniques de leur élevage.

Publiée le 17 février 2026, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fait le pari d’une électrification progressive et massive de l’économie en général. L’objectif de ce document est notamment d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon de 2050.

Pour ce faire, la France fait de l’électrification une priorité. Elle ne mise pas seulement sur les énergies renouvelables, elle souhaite mettre largement en avant le nucléaire. Parler d’électrification, c’est aussi parler d’acheminement de l’électricité.

70% des lignes en zone agricole

De ce fait, ces prochaines années, les plaines françaises devraient voir apparaître des lignes à haute tension, comprises entre 225 000 et 400 000 Volts. Pour rappel, 90 % du réseau électrique à haute et très haute tension est située en milieu rural. Dans l’état actuel du réseau, 70 % des 100 000 km de lignes à haute et très haute tension traversent des zones agricoles en France. Par le biais d’une charte, si RTE et Chambres d’agriculture France se sont alliés pour se prémunir de ce qu’ils appellent les « désordres électriques », c’est avant tout pour « sécuriser les éleveurs », a indiqué Sébastien Windsor, président de l’institution, par l’intermédiaire d’un communiqué de presse.

Ondes électromagnétiques ou encore courants parasites, ces phénomènes générés par les lignes à haute tension ou encore les parcs photovoltaïques et éoliens ou bien les transformateurs électriques, sont suspectés de provoquer des boiteries, des mammites ou encore des dérèglements hormonaux chez les animaux d’élevage. Pour l’heure, ces corrélations sont à prendre avec prudence car les références scientifiques manquent sur le sujet. En 2023, ces incidences avaient été listées par une enquête auprès d’éleveurs menés par le ministère de l’Agriculture. Dans ce rapport, il est indiqué qu’un tiers des répondants ont parlé de « possibles perturbations », quand il s’agissait de mettre en relation élevage et transport d’électricité.

« Parvenir à un développement harmonieux et respectueux des communautés »

Face à la future extension du réseau électrique, RTE, le Gestionnaire du réseau de transport d'électricité en France métropolitaine , a décidé de prendre les devants. À l’occasion du Salon international de l’agriculture (Sia), en signant sa charte avec Chambres d’Agriculture France, la filiale d’EDF entend bien recenser les bâtiments d’élevage ainsi que les éleveurs de ruminants ou d’équins concernés par la construction de lignes à très haute tension. Dans un communiqué, Régis Boigegrain, Directeur Général du pôle, gestion de l’infrastructure de RTE, a donc expliqué que « pour réussir la transition énergétique », l’entreprise souhaite travailler avec les territoires pour « parvenir à un développement harmonieux et respectueux des communautés ».

Concrètement, à ses frais, RTE s’engage à « procéder systématiquement à un état des lieux des élevages avant tout nouveau projet ». Leur objectif : permettre le développement du réseau électrique tout en respectant l’activité agricole. Les états des lieux réalisés seront partagés avec les éleveurs concernés. Ils seront conservés par Chambres d’agriculture France et transmis au Groupe Permanent pour le Sécurité Électrique (GPSE) pour assurer un suivi en cas de besoin.

La charte signée entre RTE et Chambres d’Agriculture France a pour ambition d’assurer « un développement aussi serein et harmonieux que possible des nouvelles lignes électriques aériennes nécessaires à la décarbonation de la France ». De plus, elle a aussi pour but de « garantir la transition énergétique tout en sécurisant les éleveurs présents sur le passage des lignes ».

Site LaFranceAgricole - Actualités 19/03/2026

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