


Le plan national contre le frelon asiatique adopté à l'unanimité
Publié le 20.03.2025
Après une vingtaine d’années sur le territoire, « 20 % des pertes d’abeilles domestiques lui sont aujourd’hui directement imputables », a alerté la ministre de l’agriculture Annie Genevard, soutenant l’initiative. « En l’absence d’une action résolue et coordonnée […] près d’un tiers de notre cheptel apicole pourrait à terme être détruit annuellement » avec « des pertes estimées à 12 millions d’euros pour la filière », a-t-elle avancé.
Un an après le Sénat, c’est l’Assemblée unanime qui a achevé le parcours du texte de loi du sénateur lot-et-garonnais Michel Masset. Adopté à 112 voix pour, sur 122 votants, le texte prévoit l’instauration d’un plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes, avec un financement dédié aux actions de prévention et de piégeage.
Charge ensuite au préfet de décliner ce plan national en l’adaptant à son département. Le texte prévoit aussi l’instauration d’un système d’indemnisation des exploitants qui subissent des pertes économiques à cause du frelon asiatique. Un décret devra préciser les conditions d’application de la loi.
Une victoire pour l’apiculture
« Ce vote est une victoire pour l’apiculture française et pour la biodiversité », a déclaré l’apiculteur Patrick Granziera, administrateur de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) qui salue dans un communiqué du 6 mars 2025 l’adoption de la loi. Et d’ajouter : « Nous ne baissons pas la garde et attendons des décrets d’application ambitieux et des moyens financiers à la hauteur de la prédation ».
Pour le président de l’Unaf, Christian Pons, « ce texte répare un vide législatif qui a trop longtemps laissé les apiculteurs seuls face à cette crise dont les coûts devenaient exponentiels pour le monde apicole et les collectivités ».
Les oppositions ont cependant pointé un manque d’ambition. Timothée Houssin (RN) a notamment déploré l’absence de précision sur « l’organisation et le financement de la destruction des nids ». Au groupe socialiste, Pierrick Courbon a plaidé pour renforcer le texte avec une obligation pour les propriétaires d’un terrain de déclarer la présence d’un nid de frelons, et une obligation pour la préfecture de faire procéder à sa destruction.
Comme le député socialiste, l’écologiste Marie Pochon a appelé à écrire noir sur blanc que les substances utilisées pour détruire les nids soient « non nocives pour l’environnement ». « Sinon, on sera content d’avoir éradiqué le frelon asiatique mais on aura aussi décimé les abeilles. Alors on aura tout perdu », a-t-elle argué, alors que la gauche s’inquiète plus largement d’une éventuelle réintroduction dérogatoire de pesticides néonicotinoïdes, après l’adoption en janvier d’un texte au Sénat, avec un avis de sagesse (ni favorable ni défavorable) du gouvernement.
Mais leurs amendements ont été rejetés, le rapporteur Cosson appelant à une adoption définitive, et donc dans la version sénatoriale, pour lancer plus rapidement le plan national, attendu dès ce mois-ci.
Site LaFranceAgricole - Actualités 07/03/2025