La ministre de l’Agriculture annonce de nouvelles mesures pour soulager les trésoreries

Lors d’un discours au Sommet de l’élevage, jeudi 8 octobre 2026, la ministre de l’Agriculture a notamment annoncé la mise en place de prêts à taux zéro et la publication d’une analyse croisée entre les données du terrain et celles du satellite pour calculer les pertes fourragères.

C’est en parallèle d’une manifestation de la FNSEA que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé le 8 octobre 2026, des mesures complétant le plan Casi (climat, adaptation, sécheresse, incendies). Parmi les nouveautés présentées lors d’un discours au Sommet de l’élevage, la mise en œuvre de prêts à taux zéro, pour deux milliards d’euros de prêt. Pour les agriculteurs ayant emprunté à taux réduit, les 2,5 % restants seront ainsi pris en charge (plusieurs banques proposent des prêts spécifiques pour accompagner les agriculteurs en difficulté). Aussi, pour les agriculteurs récemment installés qui auront la possibilité de rééchelonner leur prêt « en fin de tableau », l’État prendra en charge les intérêts et le surcoût liés. 

Des assouplissements pour l’aide à l’achat d’engrais 

Concernant le dégrèvement de la taxe foncière sur le non-bâti, la ministre a annoncé que l’obligation de répercuter ce dégrèvement sur le fermier sera renforcée, grâce à une modification des procédures fiscales par l’administration, sans préciser lesquelles. « Pour le guichet GNR (1), nous rouvrirons les périodes d’avril, mai et juin pour ceux qui n’ont pas eu le temps de faire leur demande », a continué Annie Genevard.

Pour l’aide à l’achat d’engrais azotés simples, des assouplissements sur les pièces à fournir pour justifier des achats sont mis en place : « une facture non encore acquittée, ou un bon de commande, pourra désormais être déposée afin d’enregistrer la demande, sous réserve de transmettre ensuite la preuve du paiement », indique le ministère. 

Inciter les agriculteurs à s’assurer 

Sur le système d’assurance, la ministre a reconnu que l’efficacité du satellite était « sujette à interrogations » : « les éleveurs n’ont pas pleinement confiance dans ce système, ce qui les conduit à ne pas s’assurer ». 

Pour tenter de renouer cette confiance, elle a annoncé trois mesures : 

  • Une publication supplémentaire « de la carte des pertes observées à la fin de septembre […] afin de disposer d’une information plus actualisée ». Cette carte sera publiée « dans quelques jours ».
  • Pour comparer les données du satellite à celles du terrain, la ministre souhaite que les comités départementaux d’expertise se réunissent chaque mois (incluant les services de l’état, les assureurs, les banquiers et les professionnels agricoles).
  • La mise en place d’une analyse de la pousse de l’herbe dans les fermes de références, croisée avec les chiffres évalués par le satellite. « Je m’engage à rendre publique cette confrontation. […] S’il y a disjonction, nous en tirerons toutes les conséquences pour un reparamétrage que je demanderai à Airbus. » 

Décrets d’application 

Concernant la loi d’urgence agricole, la ministre s’est engagée à publier « avant le Salon de l’agriculture et le plus possible avant la fin de l’année » les décrets d’application, estimant que trois d’entre eux sont particulièrement attendus : la réglementation liée aux ICPE, au stockage de l’eau et le déclenchement des 2 % supplémentaires de prélèvement du loup. « Si le plafond de tir n’est pas atteint une année, les loups non éliminés pourront être additionnés au plafond de l’année suivante », a précisé la ministre. 

Les syndicats divisés 

David Chauve, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes et président de la chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme, a salué des annonces allant « plutôt dans le bon sens ». Sur le système d’assurance, il « espère trouver un compromis s’il y a des écarts trop importants entre les données du terrain et celles du satellite, pour arrêter les taux de perte définitifs et engager des indemnisations ». 

Jocelyn Dubost, président du syndicat Jeunes Agriculteurs, s’estime « plutôt satisfait, même si tout n’est pas là ». Il a notamment salué « le fait qu’on puisse reporter en fin de tableau les emprunts des jeunes installés et que l’État prenne en charge le surcoût ». « Aujourd’hui, on est sur le court terme. Il va falloir travailler sur le moyen et long terme pour donner envie à des jeunes de s’installer. » 

Stanislas Motte, élu au comité directeur de la Coordination rurale, estime qu’« aujourd’hui, l’état nous a délaissés ». Aucune des mesures annoncées ne convainc le syndicat, qui a d’ailleurs refusé de recevoir la ministre sur son stand, ce jeudi. 

Du côté de la Confédération paysanne, « les annonces ne sont pas à la hauteur des enjeux ». « Il n’y a pas de révision prévue du système assurantiel alors qu’il ne fonctionne pas », déplore Stéphane Galais, son porte-parole. 

Site LaFranceAgricole - Actualités 08/10/2026

Ces contenus peuvent vous intéresser

PLF 2027, les principales mesures fiscales à retenir !

En savoir plus

Aide à l’hectare ou à l’actif, quelle orientation pour la prochaine Pac ?

Passer d’une aide à l’hectare avec une composante historique à une aide à l’actif avec un paiement redistributif à l’hectare, c’est ce que propose le collectif...
En savoir plus

« Il n’est jamais trop tard pour adapter les bâtiments d’élevage au changement climatique »

En cet été 2026, les épisodes caniculaires ont mis les animaux d’élevage à rude épreuve. Accélération de la respiration, baisse de la production, ralentissement...
En savoir plus