


La FNSEA s'inquiète déjà pour le prochain budget de la Pac
Publié le 20.02.2025
À quelle sauce la Pac sera mangée ? Alors que la Commission européenne a dévoilé le 11 février 2025 ses premières pistes budgétaires pour le cadre financier pluriannuel pour la période 2028-2034 qui sera mis en place à partir du 1er janvier 2028, plusieurs éléments inquiètent la profession, pour la prochaine Pac notamment. Dans un communiqué daté du 14 février, la FNSEA a ainsi exprimé ses « fortes inquiétudes » et ses « gros doutes quant à la véritable ambition de la Commission en matière de production agricole ». Alors pourquoi cette défiance ?
Premier élément, le budget en tant que tel. Prenant la période en cours comme exemple, le syndicat est préoccupé par l’absence de prise en compte de l’inflation. « Le Cadre financier pluriannuel (CFP) actuel ne permet pas de s’adapter au rythme de l’inflation : concrètement, c’est une perte de valeur pour la Pac, et pour les agriculteurs européens, de 85 milliards d’euros pour la programmation 2021-2027 » observent-ils. Or, aucun élément de cet ordre n’est évoqué dans le communiqué de la Commission.
De nouvelles flexibilités
Autre point d’inquiétude soulevé par la FNSEA, les velléités réformatrices de la Commission. « La flexibilité est essentielle pour garantir la capacité du budget à répondre à une réalité changeante » évoque notamment l’exécutif européen. Dans son plan, de plus grandes marges de manœuvre seraient accordées aux États membres pour que l’Union européenne se concentre sur certains secteurs.
« Le futur budget de l’Union européenne devrait se concentrer sur les défis communs pour lesquels les dépenses au niveau européen apportent la plus grande valeur ajoutée », précise la Commission. Elle souhaite également simplifier les programmes de financements, trop nombreux selon elle.
Des prises de position peu au goût de la FNSEA. « Sous prétexte de simplification, de flexibilité et de performance, la Commission européenne lance en réalité l’idée d’une réforme de fond du budget européen », jugent-ils. La plus grande autonomie des États serait un danger pour le syndicat. « Le risque est bien de fragmenter le marché unique et de créer une agriculture à plusieurs vitesses en Europe, en fonction des choix des États membres », analyse le syndicat.
« La FNSEA affiche son opposition totale à cette approche extrêmement dangereuse, qui risque fort de détricoter la Pac et de renationaliser cette politique européenne. La Pac est une politique commune et doit le rester », concluent-ils.
Site LaFranceAgricole - Actualités 17/02/2025