La filière bovine prépare la dématérialisation des passeports bovins
Le projet de dématérialisation des documents d’accompagnement des bovins (Dab) doit aboutir dans le courant de l’année 2027. À l’occasion du Space 2026, les interprofessions et l’administration ont présenté un premier prototype de l’outil numérique.
Publié le 24.09.2026

« Modernisation, digitalisation et surtout fiabilisation de la traçabilité de notre élevage », résume Samuel Bulot, administrateur au Cniel et éleveur de bovins laitiers, à propos du projet de dématérialisation des documents des bovins (Dab), aussi appelé passeport. Le Cniel, l’Institut de l’élevage et la Direction générale de l’alimentation (DGAL) ont présenté les avancées du projet ce mardi 15 septembre 2026 à l’occasion d’une conférence donnée au Space 2026. Ensemble, ils ont planché sur un outil numérique qui permettra à tous les acteurs de la filière de gérer les documents numériques des cheptels. Le futur outil vise à réduire leur charge administrative, tout en renforçant la traçabilité des animaux et en permettant des mises à jour plus rapides.
Des enquêtes pour répondre aux besoins du terrain
Une première phase d’entretiens a été menée par la DGAL en 2026 auprès des acteurs de la filière afin d’identifier leurs besoins et attentes. Ces échanges ont permis de mettre en évidence le poids de la gestion des documents papier pour tous. « La dématérialisation permettra une réduction de la charge grâce à des manipulations qui seront supprimées et des actions qui seront automatisées, notamment la transmission des données par interopérabilité », explique Sophia M’Himdi, cheffe du bureau de l’identification et du contrôle des mouvements des animaux au ministère de l’Agriculture.
Une plus-value pour l’ensemble des acteurs
La gestion des erreurs constitue également un enjeu. Sur papier, leur correction peut être longue et complexe. Le numérique doit permettre d’automatiser certaines démarches et de raccourcir les délais de traitement. Ce nouvel outil numérique devra aussi s’intégrer aux autres déjà existants.
« Il faudra accompagner, expliquer et rassurer pour s’assurer un déploiement qui permettra une plus-value pour l’ensemble des acteurs de la chaîne », souligne Sophia M’Himdi. En effet, les enquêtes terrains ont mis en évidence un système papier intégré depuis plus de trente ans au quotidien des acteurs de la filière, ce qui peut compliquer la transition.
Un premier prototype dévoilé
Lors de cette conférence, la DGAL a présenté une première version de l’outil numérique sous la forme d’une application. Elle comprend quatre rubriques correspondant au profil de l’utilisateur, aux Dab de l’exploitation, à leur transfert et aux échanges réalisés.
Le profil regroupe toutes les informations relatives à l’exploitation. L’onglet sur les Dab permet de retrouver les documents des bovins et de rechercher ou trier les animaux. Chaque 23 bovin dispose de sa propre fiche, reprenant les informations du document papier actuel comme l’attestation sanitaire à délivrance anticipée (Asda), avec la date de mise à jour des données. Sur cette version, le code-barres est conservé. Dans cet onglet, les utilisateurs pourront intégrer des pièces jointes, créer des groupes d’animaux ou encore générer un PDF pour impression.
L’onglet de transfert d’un Dab permettra d’envoyer les documents à un autre acteur de la filière. Enfin, la rubrique échanges donnera accès aux échanges en cours et à leur historique. Encore en phase de développement, le dispositif doit continuer à évoluer grâce aux enquêtes terrains qui se poursuivent. La mise en œuvre de la dématérialisation des Dab est prévue dans le courant de l’année 2027.
Site LaFranceAgricole - Actualités 17/09/2026