L’état des lieux de l’impact historique de la sécheresse sur la ferme France

La sécheresse historique impacte sans différence les filières végétales et l'élevage. Le point par le ministère de l’Agriculture.

Deux tiers de la France font face à une sécheresse historique, dont on estime la périodicité à une fois tous les 25 ans. C’est un des enseignements tirés par le ministère de l’Agriculture, après une réunion avec les préfets de région ce vendredi 28 août.

Juillet : près de 4°C supérieur à la moyenne 

En moyenne, les températures du mois de juillet ont été de 3,8°C supérieurs à la normale de saison, soit 24,9°C (soit 2°C de plus qu’en 1976, autre année record). 

« Le réchauffement climatique arrive encore plus vite que prévu, donc l’adaptation de l’agriculture est un peu prise de court », concède le ministère, auprès de la presse. Le secteur a dû faire face à « quatre ou cinq canicules, plus tôt, plus fortes, et plus longues que d’habitude. 

De ces trois aspects, découle une sécheresse très forte ». 60 % des nappes phréatiques sont en dessous de leur niveau normal à cette période de l’année. 

En conséquence, nombre de filières ont subi de plein fouet la sécheresse, quand les surfaces irriguées ont été un peu moins impactées par celle-ci. 

Plus de 50 % de pertes dans les champs 

Concernant les filières végétales, le maraîchage, l’arboriculture et les légumes de plein champ ont été particulièrement affectés, tout comme le maïs, d’après les remontées des préfectures. « Dans la plupart des territoires, les pertes de rendements sont estimées à plus de 50 %, quand certaines localités font état de pertes de 70 à 100 % », comme pour la culture des fruits rouges par exemple. Il est encore « trop tôt » pour avoir une idée des pertes de l’ensemble de la production agricole sur cette campagne, tant certaines productions commencent tout juste à être récoltées. 

Pousse des prairies réduite d’un tiers 

Pour l’élevage, plus de la moitié des prairies sont « fortement dégradées » dans la majorité des régions. Au 20 août, la pousse des prairies était déficitaire de plus d’un tiers par rapport à la référence 1998-2018. Les pertes les plus importantes se trouvent en Bretagne, Occitanie, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Centre-Val de Loire. En région Occitanie, l’herbe a brûlé dès la première pousse, d’après la préfecture.

Dans certaines régions qui ont réalisé le calcul, les pertes pour chaque exploitation dépassent généralement 10 000 €. 

« Plusieurs centaines de millions d’euros » de l’ISN 

Pour accompagner les agriculteurs, le ministère veut renforcer le soutien psychologique, déjà accéléré dans certaines régions par plus de signalements et de cellules de crise. Un représentant du ministère rencontrera chaque préfecture de région pour faire un point « avant le premier octobre » sur le mal-être agricole. 

D’ici là, le ministère de l’Agriculture prévoit un plan d’aide d’urgence le 3 septembre, pour faire face à la sécheresse « historique ». L’Indemnisation de solidarité nationale (ISN) devrait s’élever à plusieurs centaines de millions d’euros, abondée en partie par le reliquat d’aide à la conversion biologique (93 millions d’euros). Actuellement, seuls 68 000 agriculteurs ont souscrit à l’assurance récolte (sur 350 000 exploitations). Une part bien faible, que le ministère veut élargir dans les prochaines années.

Revoir les clauses de révision 

Du côté des consommateurs, le ministère se veut rassurant : pas de pénurie à prévoir. Tandis que la hausse des prix est contenue et ne se fait ressentir pour l’instant que sur les tomates, les concombres, les salades et les poireaux. 

Le ministère rappelle sa volonté d’encourager les recours aux clauses de révision automatique des prix dans les contrats avec la grande distribution, une demande formulée par la FNSEA ces derniers jours, pour épauler les agriculteurs et l’industrie. L’Union européenne a été aussi appelée à la rescousse par la ministre de l’Agriculture pour faire un état des lieux des stocks de fourrages présents au sein du territoire communautaire. 

Du côté de l'assurance, le ministère explique avoir mis en place des mesures de simplification administrative pour que les assurances versent au plus vite les indemnisations des pertes de récolte. Le montant exact sera connu le 3 septembre, avec les autres mesures que prévoit la ministre face à cette crise historique. 

Site LaFranceAgricole - Actualités 28/08/2026

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