Hausse du nombre de reconnaissances de maladies professionnelles

Quels secteurs et quelles maladies ? Trois chiffres pour comprendre les maladies professionnelles dans le secteur agricole.

La MSA a publié son étude sur les maladies professionnelles au régime agricole pour l’année 2023, le 12 décembre 2025. Trois chiffres à retenir pour comprendre ce phénomène en hausse.

3 337 maladies professionnelles reconnues

« En 2023, on a pu dénombrer 3 337 nouvelles maladies professionnelles (MP) reconnues et indemnisées chez les salariés agricoles », précise la MSA dans son étude. Pour les non-salariés agricoles (chef d’exploitation, conjoint collaborateurs, aide familial), 1 247 maladies professionnelles ont été reconnues, un chiffre en hausse de 6 % par rapport à 2022, mais en baisse par rapport à 2019 (-2 %).

Cette hausse en 2023 est surtout due à la progression des maladies professionnelles liées aux pesticides (+ 14 % en un an) comme les cancers de la prostate, la maladie de Parkinson, ou les hémopathies malignes (des formes de cancers du sang).

Les TMS, plus des deux tiers de maladies reconnues

La MSA note « l’importance grandissante du nombre de dossiers au FIVP (1) ». Ces derniers représentent pratiquement un dossier sur cinq en 2023. « Mais « les dossiers ‘TMS’ [troubles musculosquelettiques, N.D.L.R.] restent majoritaires » pour les salariés et non-salariés confondus. « Ils regroupent la quasi-totalité des maladies professionnelles » (96 %), d’après le rapport de la MSA, et représentent 70 % des maladies qui bénéficient d’une indemnisation.

20 % des maladies dans l’élevage de bovins laitiers, premier secteur des maladies pro

L’élevage de bovins laitiers concentre plus d’un cinquième des cas de maladies professionnelles (21 %) reconnus en 2023. Un chiffre qui s’explique par l’importance du secteur en France (13 % des exploitations françaises), mais aussi par la pénibilité et les troubles musculosquelettiques qui peuvent résulter de la traite quotidienne.

Viennent ensuite les cultures et élevages non spécialisés et la polyculture (13 % des maladies reconnues), les cultures céréalières (11 %), la viticulture (10 %) et l’élevage de bovins viande (8 %). Les élevages de volailles, de lapins et d’ovins-caprins regroupent chacun 5 % des demandes, soit environ 60 maladies reconnues chacun en 2023.

Les agriculteurs ou salariés agricoles peuvent faire reconnaître leur maladie ou leurs douleurs (notamment les troubles musculosquelettiques) en maladie professionnelle. Cette reconnaissance par l’État et la sécurité sociale (la MSA pour le secteur agricole) peut donner droit à des indemnités ou des rentes mensuelles (si la maladie est très handicapante) pour soulager le quotidien.

Pour définir si une maladie sera reconnue ou non, l’État a mis en place des tableaux de maladies professionnelles. Chacun détermine la maladie, la durée d’exposition et le délai durant lequel la maladie peut être reconnue par l’État.

Par exemple, un éleveur victime d’un cancer de la prostate dû à l’exposition aux pesticides, pourra être reconnu en maladie professionnelle dans les 40 ans suivant son diagnostic par un médecin grâce au tableau n° 61 du régime agricole de l’INRS.

(1) FIVP : Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides

Site LaFranceAgricole - Actualités 05/01/2026

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