En Limagne, des orges plus vigoureuses sous les ombrières

À Chadeleuf (Puy-de-Dôme), Hervé Malgat expérimente une ombrière agrivoltaïque sur un hectare. « Ce système pourrait contribuer à renforcer l’autonomie énergétique des territoires et à maintenir l’équilibre économique des exploitations agricoles », se réjouit l’agriculteur, basé en Limagne. D’autant que, d’après les premières observations, la présence des panneaux profite à la culture.

Installé en Limagne, dans le Puy-de-Dôme, Hervé Malgat exploite près de 100 hectares : 15 ha de PPAM en agriculture biologique et 75 ha de grandes cultures. Il a accueilli sur un hectare un dispositif d’ombrière agrivoltaïque équipée de trackers dynamiques. La solution installée par TSE, d’une puissance de 278 kWc, produit de l’électricité solaire, suivant le principe de l’agrivoltaïsme avec le maintien d’une production agricole sur la parcelle.

Maintenir l’équilibre économique des exploitations 
Pour Hervé Malgat, l’agrivoltaïsme répond à un enjeu d’avenir des exploitations. « Ce système pourrait contribuer à renforcer l’autonomie énergétique des territoires, et à maintenir l’équilibre économique des exploitations agricoles, donc leur capacité à produire l’alimentation que nous consommons », défend-il. En plus de la contrepartie financière obtenue pour l’accueil de la centrale exploitée par l’énergéticien, la combinaison entre production alimentaire et énergétique fait sens pour cet agriculteur ouvert aux innovations.

Des ombrières capables de s’adapter 
Le dispositif se compose de panneaux mobiles, de type trackers, qui suivent la course du soleil. Grâce à un pilotage agroclimatique intelligent, leur position s’adapte aux besoins de la culture et aux conditions météo. Pour faciliter les interventions au champ, les panneaux pivotent pour se positionner idéalement, à l’horizontale ou en ouverture maximale.

Une orge visuellement mieux développée 
Sous la structure, Hervé Malgat a semé de l’orge. À côté, une parcelle témoin est conduite à l’identique. Objectif : comparer le comportement de la culture, avec ou sans la présence des panneaux. Même si le recul manque encore sur cette technologie récente, les bénéfices de l’agrivoltaïsme en matière de protection des plantes sont souvent mis en avant. L’ombrage partiel et tournant limiterait notamment certains stress climatiques. A Chadeleuf, les premières observations sont encourageantes. « L’orge a pris de l’avance par rapport à la parcelle témoin, indique le producteur auvergnat. On verra à la récolte si la différence de rendement est là, mais visuellement, elle est indéniable. » Au stade montaison, les brins d’orge prélevés sous les ombrières présentent effectivement un développement plus marqué : des plantes plus hautes, avec davantage de volume foliaire et un système racinaire plus dense.

Au quotidien, la présence de la centrale n’a pas bouleversé l’organisation du travail sur la ferme. « Pour les interventions, ça ne change pas grand-chose. La structure est parfaitement adaptée au matériel », observe-t-il.

Bien choisir son partenaire développeur
« Le choix du développeur est important », insiste Hervé Malgat. « Ce qui nous a séduit avec TSE, c’est qu’ils se rendent compte qu’il faut un partenariat avec l’agriculteur. Ils connaissent l’agriculture et ils ont une branche agronomique avec des techniciens très impliqués. » 
Chef d’entreprise autant qu’agriculteur, Hervé Malgat voit dans l’agrivoltaïsme un levier complémentaire de souveraineté, à l’échelle des territoires comme de chaque ferme. « Je ne peux qu’encourager mes pairs à s’y intéresser. C’est un bon moyen de renforcer notre agriculture. » 
Site LaFranceAgricole - Actualités 29/05/2026 

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