Coup de rabot sur les MAEC en 2026

Le ministère de l’Agriculture a « acté » la réduction de la durée d’engagement des MAEC. Pour la prochaine campagne Pac 2026, le ministère de l’Agriculture procède à un coup de rabot sur les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC). La Confédération paysanne l’a dénoncé dans un communiqué du 5 février alors que la mesure était encore au stade de projet.

Selon le syndicat, le ministère a présenté, dans une consultation écrite lancée le 20 janvier, le projet de réduire la durée d’engagement d’un « grand nombre » de MAEC de cinq à trois ans et de fermer certaines à la souscription.

En principe, il n’est pas possible d’arrêter sans pénalité un contrat MAEC durant la durée d'engagement, comme l’explique la chambre d’agriculture de la Vienne sur son site. Sauf en cas de départ à la retraite ou d’évènement imprévisible (catastrophe naturelle, épizootie ou incapacité professionnelle). Il est possible de consulter les décisions d’engagement MAEC de son exploitation sur le site Telepac.

Un argument juridique que rejette la Confédération paysanne

Le ministère de l’Agriculture a confirmé le 10 février 2026 que la mesure était désormais « actée » sans préciser quelles MAEC étaient concernées. La Confédération paysanne contredit l’argument avancé par le ministère de « sécurité juridique lié à l’incertitude sur la Pac post-2027 et à la crainte que les mécanismes de chevauchement entre programmations ne puissent s’appliquer ». « Or, aucun élément ne démontre à ce stade que la réglementation européenne imposerait de limiter la durée des MAEC ou d’empêcher le chevauchement d’engagements », estime le syndicat.

La loi de finances avait déjà diminué le budget

La mesure du ministère s’ajoute à une baisse de budget des MAEC et des aides à l’agriculture biologique entérinée par le projet de loi de finances pour 2026. Le texte, qui a terminé son parcours législatif pour le moins chaotique le 3 février, diminue fortement leur budget (- 50 % sur les autorisations d’engagement et - 60 % sur les crédits d’animation). Une évolution dénoncée par la Confédération paysanne.

« Si la baisse des autorisations d’engagement peut s’expliquer par le contexte de marché et l’absence de financement européen, la réduction des crédits d’animation est préoccupante car elle compromet l’accompagnement des agriculteurs et la construction de projets territoriaux », estime de son côté Chambres d’agriculture France.

Site LaFranceAgricole - Actualités 11/02/2026

Ces contenus peuvent vous intéresser

Ce que contient la loi d’urgence sur les phytos

La loi d’urgence agricole adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat permet la réautorisation, à titre dérogatoire et temporaire, de l’acétamipride pour la filière...
En savoir plus

Vente d’un bien communal : la commune ne peut pas modifier seule la condition résolutoire prévue

À défaut d’accord entre les parties, la délibération du conseil municipal ne peut pas avoir pour effet de proroger le délai de réalisation de la condition résolutoire...
En savoir plus

L’accès aux aides au redressement des exploitations en difficulté est assoupli

Un décret publié le 28 juillet facilite le recours aux aides publiques au redressement des entreprises agricoles en difficultés financières.
En savoir plus

Absences des salariés élus municipaux : les avantages sociaux à maintenir sont fixés

La loi 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local a inscrit dans le Code du travail le principe de l’assimilation des absences des...
En savoir plus