Conditions de travail : qu’est-ce qui change pour les salariés agricoles en cette rentrée ?
Un accord entre syndicats de salariés et patronaux améliore les conditions de travail des salariés agricoles. Il s’applique à tous les employeurs agricoles depuis le 7 août 2026.
Publié le 11.09.2026
Cela faisait plus de vingt ans que les conditions de travail des salariés agricoles n’avaient pas été revues. Le compromis était difficile à trouver entre les syndicats patronaux et les syndicats de salariés (1). Après deux ans et demi de négociations et son officialisation en février dernier, l’accord de 37 pages a été acté par un décret du 7 août 2026. à cette date, il doit s’appliquer à chaque employeur agricole, y compris les agriculteurs. Voici les mesures principales.
Port de charges
Le niveau maximal des ports de charges est réduit à 80 kg au maximum. En cas de travail isolé, le port de charge est limité à 30 kg au maximum. Pour les femmes, le montant maximal est de 25 kg. Les mineurs ne doivent pas porter plus de 20 % de leurs poids. Autrement dit, un jeune de 65 kg ne devrait pas porter manuellement plus de 13 kg.
Le port de charges manuelles doit être limité « au minimum ». Il faut à la place prévoir des chargeurs à roulettes, diables ou autres solutions mécaniques pour réduire la pénibilité du travail. En France, les troubles musculosquelettiques sont la première cause de maladie professionnelle dans le secteur agricole.
Utilisations de phytos
Concernant l’exposition professionnelle à des produits nocifs, l’employeur doit établir une liste des salariés susceptibles d’être exposés aux agents chimiques CMR (cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction). Ces salariés doivent bénéficier d’un examen médical d’aptitude et d’une visite médicale tous les quatre ans au maximum. Avec une visite obligatoire à mi-carrière à 45 ans.
« Les EPI (équipements de protection individuelle) sont à la charge des employeurs et fournis gratuitement par l’employeur aux salariés. » L’employeur doit sanctionner les salariés qui ne portent pas les EPI en cas de travail qui en requiert.
Toilettes et salle de pause
Pour bien accueillir ses salariés, l’employeur doit mettre à disposition des toilettes (avec des protections féminines), des vestiaires fermés, une douche en cas d’utilisation de phytos et une salle de pause avec de l’eau potable, un dispositif de chauffe pour manger chaud et un frigo.
Si le travail a lieu en dehors d’installation fixes, il faut trouver une solution pour avoir des toilettes accessibles (chimiques, sèches ou accord avec les collectivités locales pour utiliser des toilettes à proximité).
Parents et futurs parents
En cas de fausse couche (hors avortement), une salariée doit pouvoir disposer de trois jours de repos payés. Les personnes en parcours de PMA (procréation médicalement assistée) ont le droit à un jour de congé payé par an.
« Afin de garantir la santé de la future mère et de son enfant, il est formellement interdit d’affecter une femme enceinte ou allaitant à un certain nombre de travaux exposant à des risques chimiques, biologiques et physiques spécifiquement définis », explique l’accord. L’utilisation du diable est aussi « strictement interdite pour la femme enceinte ».
Après l’accouchement, la salariée peut s’absenter une heure par jour pour allaiter son enfant, l’heure étant répartie en deux périodes de trente minutes.
Maladie féminine
En avance sur d’autres secteurs, le monde agricole a acté 13 jours d’absence autorisés pour les femmes souffrant d’endométriose à raison d’un jour par mois ou trois par trimestre. Ces personnes devront justifier d’un certificat médical. Si l’endométriose est reconnue invalidante par un médecin, les absences autorisées sont transformées en repos payés.
Violences sexistes et sexuelles
Pour limiter les violences sexistes et sexuelles, l’employeur doit pouvoir mettre en place un processus « simple et accessible » pour signaler un comportement inapproprié « même dans les petites équipes » tout en assurant la confidentialité des témoins et des victimes. Cela peut être une boîte à suggestion anonyme ou un numéro de contact extérieur par exemple.
Climat
Face aux fortes chaleurs, l’employeur doit prévoir un « plan d’adaptation » portant sur les risques professionnels des canicules, qui peuvent être revus quotidiennement en vigilance orange ou rouge.
Conformément aux nouvelles règles, depuis l’été 2025, l’employeur doit prévoir 3 litres d’eau par personne et adapter les travaux en cas de fortes chaleurs.
Site LaFranceAgricole - Actualités 24/08/2026