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Climat : combien l’Europe doit investir pour adapter son agriculture

L’Agence européenne de l’environnement a estimé les coûts de l’adaptation de l'agriculture européenne pour faire face au changement climatique. Selon les scénarios de réchauffement planétaire, ils oscillent entre 7 et 17 milliards d’euros par an d’ici à 2050.

Souvent les agences publiques européennes ont quantifié le montant des investissements à fournir pour réduire les émissions de gaz à effets de serre des États membres de l’Union européenne. Mais il est plus rare de se confronter aux coûts de l’adaptation de notre économie et de nos modes de vie face au changement climatique, la France étant l’un des trois seuls pays de l’Union européenne à disposer d’estimations nationales détaillées sur ce point. Les actions visant à atténuer le changement climatique vont pourtant difficilement sans celles tendant à s’y adapter, notamment dans les secteurs les plus vulnérables comme l’agriculture.

Dans un rapport publié le 12 janvier 2026, l’Agence européenne de l’environnement collabore avec les instituts Ecologic et I4CE afin d’estimer l’investissement nécessaire pour les pays de l’Union européenne sur ce point dans trois domaines clés : l’agriculture, les transports et l’énergie. En l’absence de données tangibles pour la plupart des États membres, l’organisation a eu recours à des méthodes d’extrapolation pour établir que d’ici à 2050, l’Union européenne devra débourser au total entre 7 et 8 milliards d’euros par an pour adapter son agriculture dans le cas d’un scénario de réchauffement ne dépassant pas 2 degrés au-dessus des niveaux préindustriels. Dans l’hypothèse d’une augmentation des températures de 3 ou 4 degrés, ces montants oscillent dans une fourchette allant de 11 à 17 milliards d’euros par an.

Concrètement, ces coûts d’adaptation ont pour objectif d’améliorer la résilience du secteur agricole, notamment « en investissant dans la modernisation des infrastructures de drainage et d’irrigation, ou encore en ajustant des pratiques de gestion agricoles ». Ces investissements sont censés réduire les dommages futurs provoqués par le changement climatique comme la sécheresse, ainsi que d’autres phénomènes météorologiques extrêmes.

Davantage d'investissements nécessaires dans le Sud

Dans le cas d'un scénario à + 2 degrés, les montants annuels actuels dépensés par l’Union européenne pour soutenir la résilience du secteur agricole, notamment via la Pac, « semblent tout juste suffisants par rapport aux besoins identifiés », notent ses auteurs. Dans l’hypothèse d’un scénario à fortes émissions (+ 3 ou 4 degrés), « le financement actuel est insuffisant » et « ce déficit s’aggrave avec le temps ».

Face à ce constat, le rapport alerte aussi sur les inégalités de territoire entre les États membres de l’Union européenne. L’Europe du Sud aura notamment besoin de bien plus d’investissement que les régions du Nord. « Dans ce contexte, les décideurs politiques doivent s’attacher à réorienter et à cibler efficacement les fonds en veillant à ce que des sommes substantielles allouées à la Pac soient effectivement versées aux agriculteurs et aux zones les plus vulnérables », recommande-t-il.

Impliquer davantage les acteurs privés

Le scénario à fortes émissions impliquera nécessairement une augmentation des budgets alloués au climat au sein de la Pac et dans les plans nationaux des États membres, mais pas seulement. Les auteurs de l’étude estiment que les acteurs privés — dont le rôle actuel est difficile à évaluer faute de données disponibles — devront participer à l’effort financier. Ils évoquent par exemple le développement de régimes d’assurance spécifiques, ou encore des partenariats public-privé sur les infrastructures hydrauliques.

Site LaFranceAgricole - Actualités 14/01/2026

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