Accéder au contenu principal

Nos bureaux sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30. Notre standard téléphonique est ouvert de 9h à 12h30 et de 14h à 16h30.

Changement climatique : « il y a une voie de passage » pour la ferme France

À horizon 2050, la rentabilité des exploitations agricoles françaises peut être maintenue, voire améliorées, assurent InVivo, le Crédit Agricole, Sofiprotéol et Unigrains dans une étude. Mais cela suppose des investissements très importants, à engager dès maintenant.

Les grandes lignes de l’étude « Résilience agricole » à l’horizon de 2050, menée par InVivo, le Crédit Agricole, Sofiprotéol et Unigrains, avaient été dévoilées mi-décembre 2025 lors du congrès d’InVivo. Il s’agit d’une « feuille de route pour le futur ministre de l’Agriculture », avait estimé Thierry Blandinières, directeur général de l’Union des coopératives.

Céline Ansart-Le Run, directrice des études économiques et stratégiques d’Unigrains, a détaillé son contenu le 6 février 2026. À horizon 2050 et face au changement climatique, « il y a une voie de passage qui existe » pour maintenir, voire améliorer la rentabilité des exploitations agricoles françaises, assure-t-elle. À condition de mettre en place « des actions ambitieuses dès maintenant ».

16 à 29 milliards d’euros à investir

Pour compenser les effets négatifs liés à l’évolution du climat, un panel de leviers, différents pour chaque territoire et chaque production, devront être actionnés. Les auteurs ont choisi de ne considérer que des leviers déjà opérationnels : nouvelles pratiques culturales, agriculture de précision, irrigation, diversification de l’assolement et des ateliers, photovoltaïque…

Selon l’étude, il faudrait investir 16 milliards d’euros dans l’agriculture française d’ici 2050 pour maintenir la rentabilité actuelle.

Mais la voie de passage « est coûteuse », souligne Céline Ansart-Le Run : autour de 16 milliards d’euros pour maintenir la rentabilité actuelle, et jusqu’à 29 milliards pour aller au-delà, en mobilisant tous les leviers à leur « plein potentiel ». Cela représente entre 1 000 à 2 000 €/ha sur la période, avec un retour sur investissement de 10 à 11 ans.

« Si on ne fait pas cela, il y a un réel risque de dégradation de la rentabilité de la ferme France », souligne-t-elle. Selon l’étude, le « coût de l’inaction » pourrait atteindre 3 à 5 milliards d’euros par an, et jusqu’à 8 milliards d’euros lors des années les plus extrêmes. « Cela représente 30 à 50 % de dégradation de l’EBE (excédent brut d’exploitation, NDLR) actuel des exploitations ».

Un exemple en grandes cultures

L’étude a modélisé l’évolution de l’EBE de 11 « archétypes » d’exploitations agricoles : bovins laitiers, polyculture élevage, grandes cultures avec betterave, grandes cultures irriguées…

Pour un système de grandes cultures dans le centre-est actuellement basé sur du blé, colza, tournesol et maïs non irrigué, les auteurs ont estimé que l’inaction entraînerait une baisse de l’EBE de 72 % par rapport à l’actuel. Mais celui-ci pourrait augmenter de 36 % en mobilisant un panel varié de leviers (mise en place de l’irrigation, réduction du travail du sol, intégration dans la rotation de cultures intermédiaires à vocation énergétique, sorgho et soja, ou encore l’agriculture de précision), à différentes périodes entre 2027 et 2050. Cela représente un investissement de 2000 €/ha, dont environ 30 % non finançables par l’agriculteur avec un taux d’endettement maximum de 60 %. Pour simplement maintenir l’EBE actuel dans ces typologies d’exploitations, un investissement de 1 300 €/ha serait nécessaire pour activer une partie des leviers.

Une étude trop optimiste ?

L’étude a été perçue comme « très optimiste » par plusieurs responsables de coopératives, réunis à l’occasion du bilan 2024 de l’observatoire économique et financier « spécial filière des grains » et devant qui ce travail a été présenté. La question du financement des investissements est en effet centrale, et de taille. Fonds privés ? Publics ? Réallocation de fonds européens ? La question de l’origine des capitaux nécessaires aux projections reste ouverte.

Site LaFranceAgricole - Actualités 11/02/2026

Ces contenus peuvent vous intéresser

Assouplissements de l'application de la police des installations classées aux élevages

Les promesses législatives reçoivent leur concrétisation règlementaire.
En savoir plus

Date de découverte du vice caché par l’acheteur. Illustration.

Le juge ne doit pas confondre la date de connaissance par l’acheteur des conséquences du vice caché et celle du vice lui-même qui, en l’espèce, ne pouvait être...
En savoir plus

Plafond 2026 de l'aide financière de services à la personne

L'aide financière du comité social et économique (CSE) et celle de l'entreprise versées en faveur des salariés n'ont pas le caractère de rémunération pour l'application...
En savoir plus

Compte personnel de formation (CPF) : nouvelles règles, nouveaux plafonds

Les mesures issues de la loi de finances pour 2026 sont d’ores et déjà mises en œuvre grâce à la publication de deux décrets fixant à la fois des plafonds de prise...
En savoir plus