Ce que prévoit la stratégie nationale bas carbone pour l’agriculture française
Le ministère de la Transition écologique a dévoilé sa troisième stratégie nationale bas carbone. À l’origine de 21 % des émissions brutes en gaz à effet de serre, l’agriculture française doit prendre sa part à l’effort national de réduction.
Publié le 30.07.2026
Réduire nos émissions sur le territoire national de moitié d’ici 2030 par rapport à 1990. Voici l’objectif de la stratégie nationale bas carbone dont la feuille de route est révisée tous les cinq ans, secteur par secteur (industrie, agriculture, transport, énergie, déchets, etc). La ministre de la Transition écologique présentait ce mercredi 15 juillet 2026, la troisième stratégie nationale bas carbone (SNBC) pour la France. « Cette stratégie définit un cadre d’action pour les prochaines années », a-t-elle rappelé. « Elle guidera l’action de l’État, des collectivités, des entreprises et de l’ensemble des acteurs engagés dans la transition écologique », a rajouté le minstère dans un communiqué.
Par rapport à 1990, l’agriculture est pourvue de l’objectif ambitieux de réduire de 26 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et de 53 % d’ici 2050. Entre 2023 et 2050, c’est 35 millions de tonnes de CO2e que doit économiser le secteur agricole.
Autonomie protéique
51 % de la baisse des émissions est portée par le secteur de l’élevage, soit 18 millions de tonnes CO2e. Pour y parvenir, la SNBC détermine notamment la réduction de moitié les importations de soja à horizon 2030 par rapport à 2020. L’autonomie protéique des élevages est attendue pour 2050. L’objectif de 10 % de la SAU française cultivée en légumineuse est fixé à l’horizon 2030.
Davantage de pâturages
En parallèle, la SNBC prévoit d’augmenter les systèmes bovins laitiers en pâturage dominant de 18 % à 45 % d’ici 2030. Pour réduire l’intensité carbone de l’élevage, la SNBC appelle à généraliser la couverture des fosses à lisier et à développer la méthanisation des effluents. L’ajustement des rations, la sélection génétique ou l’optimisation de la conduite du troupeau doit conduire à la diminution de la fermentation entérique par animal.
Généraliser les systèmes agroécologiques
Pour les cultures, la SNBC se fixe l’objectif de développer les systèmes agroécologiques sur environ 36 % des surfaces d’ici 2030 et 50 % d’ici 2050. L’objectif de 21 % de la SAU convertie à l’agriculture biologique en 2030 est reconduit. En parallèle, les techniques d’agriculture de précision doivent se déployer sur 15 % de surfaces supplémentaires d’ici 2030. La SNBC reprend également les objectifs du Pacte en faveur de la haie avec plus de 50 000 kilomètres linéaires nets de haies à l’horizon 2030. La France doit aussi atteindre 100 kha de surfaces de terres arables et prairies avec agroforesterie intraparcellaire en 2030.
Moins d’engrais minéraux
La consommation en engrais minéraux azotés est aussi appelée à se réduire de 30 % d’ici 2030 et de 50 % d’ici 2050 par rapport à 2020. La SNBC appelle à diversifier les sources d’azote et à optimiser son usage. À noter que le Conseil de l’Union européenne a adopté le 13 juillet dernier, les propositions de la Commission qui vise notamment à réduire et optimiser l’utilisation d’engrais minéraux et à favoriser le recours aux engrais biosourcés.
Sortie des énergies fossiles en 2050
La SNBC entend mettre un terme à toute consommation énergétique fossile à l’horizon 2050. 19 D’ici 2030, le plan d’électrification soutien la décarbonation des machines et la fabrication de 150 engins agricoles électriques fabriqués en Europe. Près de 400 ha de serres maraîchères et horticoles doivent être équipées de pompes à chaleur d’ici 2030.
Site LaFranceAgricole - Actualités 16/07/2026