Budget 2027 : ce que prévoit le gouvernement pour l'agriculture
L’État prévoit un budget agricole à la baisse, mais renforcé sur la gestion des risques, sanitaires ou climatiques. Le texte doit encore être débattu au Parlement jusqu’à la fin de l’année.
Publié le 08.10.2026
« Le projet de loi de finances 2027 (PLF 2027) mobilise les moyens nécessaires pour apporter une réponse rapide aux crises et accompagner les exploitations agricoles fragilisées », c’est en ces mots que Bercy a présenté, ce 1er octobre 2026, le prochain budget de l’État. Un budget contraint par la dette publique.
Crédits quasiment stables pour l’agriculture
Pour autant, le ministère de l’Agriculture se voit doté d’un budget de 3,34 milliards d’euros (contre 3,49 milliards d’euros dans la loi de finances 2026). « La prévention et la gestion des risques sanitaires et climatiques resteront au cœur de cette action », indique Bercy. Dans le détail, le PLF 2027 renforce de 52 millions d’euros le Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA) portant son montant total à 600 millions d’euros pour 2027. Pour anticiper les crises sanitaires, 7 millions d’euros supplémentaires viennent appuyer les missions de surveillance des vétérinaires sanitaires.
Les plans protéines, d’adaptation à l’agriculture méditerranéenne, de renouvellement des vergers, ainsi que le fonds d’amorçage pour la souveraineté alimentaire se voient doter de 40 millions d’euros. Le soutien au fonds hydraulique reste stable, avec un budget de 60 millions d’euros. Pour les employeurs de main-d’œuvre, le dispositif pérennisé « TO-DE » est financé à hauteur de 600 millions d’euros.
Ce sont aussi près de 500 millions d’euros que le ministère consacre au cofinancement des dispositifs de la Pac. Par ailleurs, l’Agence de services et de paiement (ASP) voit sa dotation renforcée de 18 millions d’euros pour opérer une modernisation de son service d’information avant la prochaine programmation Pac.
Réduction des effectifs
Le budget dédié aux Agences de l’eau se maintient à 2,5 milliards d’euros, annonce de son côté la ministre de la transition écologique, Monique Barbut. « Les moyens sont maintenus au sein de toutes les Agences de l’eau et de l’OFB », indique le cabinet ministériel.
Effort budgétaire oblige, une diminution des effectifs est toutefois prévue au sein des Agences de l’eau et de l’Ademe. Celle-ci voit son budget amputé de près de 350 millions d’euros, essentiellement lié à la réduction de l’enveloppe « fonds chaleur » qui soutient la production de fraîcheur et de chaleur renouvelable comme avec des soutiens financiers à des projets de méthanisation.
417 millions d’euros viennent soutenir le renouvellement forestier et renforcer les moyens de l’Office national des forêts (ONF) pour assurer ses missions de patrouilles de défense des forêts.
Une taxe sucre reversée à la branche maladie des agriculteurs
Contestée par l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) avant même qu’elle soit officialisée, une taxe sur les produits sucrés a été intégrée par le gouvernement au futur budget de la sécurité sociale. De nature « à décroître dans le temps », la taxe — vue comme un prolongement de la taxe soda existante - vise à encourager « la reformulation des recettes des aliments industriels ». Les recettes fiscales seront affectées à la branche maladie du régime agricole couvrant les exploitants et salariés agricoles. Elle pourrait rapporter 200 millions d’euros à l’État, d’après France Info. L’Ania craint, elle, que la taxe ne finisse « par se retrouver sur le ticket de caisse ». Les industriels seront taxés à partir de 10 grammes de sucre pour 100 grammes de produit.
Les textes présentés par le gouvernement devront encore être débattus par l’Assemblée nationale et au Sénat. L’année dernière, le Premier ministre avait fini par avoir recours au 49.3 pour passer en force, tant les débats s’étaient éternisés, jusqu’à fin janvier.
Site LaFranceAgricole - Actualités 01/10/2026