145 millions d’euros pour aider l’achat d’engrais azotés
La ministre de l’Agriculture, a annoncé qu’une enveloppe de 145 millions d’euros est dédiée à un guichet d’aide « simple et rapide » pour encourager l’achat d’engrais. Il ouvrira le 1er août 2026.
Publié le 21.07.2026
145 millions d’euros pour un « guichet exceptionnel d’aide à l’achat d’engrais azotés simples ». C’est ce qu’a annoncé Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, le 9 juillet 2026. Il ouvrira le 1er août et sera géré par FranceAgriMer. Le calibrage de cette enveloppe a été travaillé « avec les filières pour calibrer le nombre d’agriculteurs éligibles », a-t-elle déclaré. 107 millions d’euros sont issus de l’aide promise par la Commission européenne, et cette somme a été complétée par un appui national de 38 millions d’euros.
Des versements « dans les meilleurs délais »
Concrètement, une aide de 50 €/t d’engrais azotés simples sera accordée « à toutes les exploitations ». Elle s’établira à 70 €/t « pour celles dont les dépenses d’engrais dépassent 10 % de leur charge. » Elle portera sur « un volume maximum correspondant à la moitié des achats d’engrais azotés réalisés lors de l’exercice passé ». La ministre précise également qu’un plancher de 750 €/t sera appliqué pour « concentrer le soutien sur les exploitations pour lesquelles l’enjeu est le plus fort » : si le prix des engrais à l’achat est inférieur à ce seuil, l’aide ne se déclenchera donc pas.
Les versements seront réalisés « dans les meilleurs délais ». Cette aide s’appliquera aux achats réalisés entre le 1er juin et le 1er octobre 2026. « Au 1er octobre, nous ferons le point sur la
situation du marché des engrais […] et nous déciderons de la suite pour ne pas laisser au bord du chemin des filières dont les récoltes sont plus tardives », explique la ministre.
Soutien à la production d’engrais décarbonés
Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, a annoncé par la même occasion un plan de soutien à la production d’engrais décarbonés en France. « Nous engageons un plan d’investissement de 2 milliards d’euros sur dix ans avec un soutien public de 620 millions d’euros », déclare-t-il.
Trois projets industriels sont d’ores et déjà assurés d’un soutien :
· Le site de LAT Nitrogen à Grand-Quevilly (Normandie). « Il s’agit d’accompagner un projet de modernisation et de décarbonation de la production d’acide nitrique. »
· L’unité de production d’hydrogène par électrolyse, opérée par LIFE, au Havre (Normandie), qui « permettra d’alimenter le site de production d’ammoniaque de Yara en hydrogène vert pour réduire sa dépendance au gaz ».
· Le projet de FertigHy à Languevoisin-Quiquery (Somme). Cette nouvelle usine produira des engrais bas carbone 100 % à base d’hydrogène, et « augmentera nos capacités de production d’engrais azotés de plus de 20 % d’ici à 2032 ».
Annie Genevard a rappelé que le Gouvernement prépare un « plan engrais » national, complémentaire au « plan engrais européen », présenté le 19 mai dernier. La version française sera prochainement mise en consultation. Son premier axe portera sur la réduction de l’usage des engrais (via l’utilisation d’outils d’aide à la décision, l’introduction de légumineuses…). Le deuxième axe sera dédié au développement des alternatives aux engrais minéraux fossiles (biodéchets, digestats…). Et le troisième est donc consacré au soutien à une production nationale décarbonée.
Site LaFranceAgricole - Actualités 09/07/2026